23.05.2007

Un député ne doit pas être une marionnette…

J’approuve entièrement François Bayrou dans sa volonté de rendre sa noblese au métier de député.

Revenons un an en arrière et rappelons-nous la lamentable affaire du CPE.

En janvier 2006, voilà que tombe de nulle part un projet de loi mal ficelé et dont tous les députés mesurent l’impréparation et les conséquences inquiétantes.

Mais nos braves parlementaires UMP s’entendent alors dire : « Dépêchez-vous de voter cela, et ne vous avisez pas de manifester la moindre réticence… sinon gare à vos investitures l’an prochain ! »

Ils se sont exécutés comme un seul homme. Et pour couper court à tout débat, le gouvernement a dégainé le 49.3 à la façon d’un 6.35…

Résultat : les Français sont descendus dans la rue, de jour en jour plus nombreux.

Face à la colère qui grondait de plus en plus fort, le Président de la République n’a pu que retirer le projet.

Les braves parlementaires UMP se sont alors entendu dire : « Dépêchez-vous de voter le contraire de ce que vous avez voté il y a quelques semaines ! Et ne protestez pas… sinon gare à vos investitures l’an prochain ! »

Et ils se sont exécutés comme un seul homme.

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Comme François Bayrou, je refuse qu’un député soit pris pour une marionnette.

Non seulement parce qu’on lui inflige un rôle humiliant.

Mais surtout parce que la démocratie est  bien malade lorsque le débat, confisqué au Parlement, ne peut plus s’exprimer que dans la rue. Il n’est pas normal, il n’est pas sain que ce soit la rue qui dicte à l’Etat les décisions à prendre.

Il est indispensable que nos députés puissent faire entendre une parole libre.

C’est ce que François Bayrou résumait par ces mots le 10 mai à la Mutualité :

« Mon projet n’est pas de défendre le gouvernement devant les citoyens, mais de défendre les citoyens devant le gouvernement ! »

Commentaires

C'est pour cette raison que l'ouverture prônée par la droite est une illusion. Les anciens députés UDF ayant rejoint l'UMP se sont fourvoyés en se lançant dans cette aventure : après avoir défendu aux côtés de François Bayrou la liberté des députés...

... Voilà que l'UMP leur impose la signature d'un contrat où ils s'engagent à voter toutes les lois du budget, et à ne pas voter les motions de censure.

Il faut savoir être cohérent avec soi-même, et voter selon ses propres convictions. Pas selon une consigne du parti.

Ecrit par : Titem | 23.05.2007

Il y a un lien étroit entre les solidarités de groupes parlementaires, la présidentialisation du régime et les modes de scrutin. De ce point de vue, les propositions tendant à introduire une dose de proportionnelle dans la représentation parlementaire vont dans le bon sens.

Compte tenu des derniers résultats (victoire du candidat qui ne la proposait pas), cette proposition ne devrait néanmoins pas progresser.

Gardons-nous cependant de retrouver les travers du régime antérieur: entre la logorrhée impuissante et l'autisme autoritaire, un nouvel équilibre à rechercher!

Un petit point inquiétant: dans la Vème République, l'autorité du président de Gaulle se justifiait largement par un principe de responsabilité directe du président vis-à-vis de son peuple, avec notamment des recours réguliers au plébiscite via le référendum (et démission en cas d'échec, on l'a vu).

Les deux précédents présidents ont poussé assez loin la doctrine de l'irresponsabilité en la matière. Et le nouveau président pourrait éviter le référendum sur de grandes questions désormais, compte tenu des échecs récents.

Dès lors, comment l'autorité du président se justifiera-t-elle?

Ecrit par : Ricardo | 27.05.2007

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