24.05.2007

Projet de nouvelles franchises sur le remboursement des soins médicaux

Voici le courrier adressé par Olivier Henno, conseiller général, maire de Saint-André, et président départemental de l'UDF-Mouvement Démocrate à M. Martin Hirsch, Haut Commissaire aux Solidarités Actives :

Monsieur le Haut Commissaire,

Ce lundi 21 mai, vous avez publiquement dénoncé le projet gouvernemental d'accroître la part non remboursée des soins par l’instauration de nouvelles franchises sur les soins médicaux. Je salue votre courage et votre liberté de parole parce que je trouve cette mesure très injuste.

La réforme de l'assurance maladie instaurée en 2004 par Xavier Bertrand alors ministre de la Santé avait déjà instauré le principe du forfait non remboursable : un euro par consultation et 18 euros pour les actes médicaux d'un montant supérieur à 91 euros. Le projet du gouvernement est d’y ajouter quatre franchises non remboursées par la Sécurité sociale sur les premiers euros annuels dépensés (examens biologiques, médicaments, visites médicales et hospitalisation. La fondation dont vous avez occupé la Présidence a toujours dénoncé ce système de franchise, qui pousse des gens à renoncer à se faire soigner.

Les personnes les plus pauvres, bénéficiaires de la CMU ne seront pas touchées, mais ce sont à nouveau les petits salaires, les travailleurs pauvres, et même les classes moyennes, bref ceux qui travaillent dur pour finalement gagner peu,  ceux qui gagnent soi disant trop pour bénéficier de la CMU et donc de la gratuité des soins, qui vont être pénalisés, ceux pour qui se soigner vient après tout le reste, quand toutes les autres factures ont été payées.

C'est une fois de plus la « France qui se lève tôt » qui va être sanctionnée.  

La santé s’est invitée ce lundi à Cannes, en la personne de Michael Moore. Son prochain film documentaire « Sicko » dresse le comparatif des systèmes de santé dans le monde. A ses yeux système de soin en France est le meilleur de tous et surtout le plus équitable par rapport aux services privés et compagnies d'assurances américaines: 53 millions d'américains n'ont aucune couverture sociale.

Tenez bon, Monsieur HIRSCH, empêchez la mise en place de cette mesure dont les conséquences sur la santé des F rançais pourraient s'avérer dramatique, et qui remet en cause le meilleur système de santé du monde.

Olivier HENNO

Maire Conseiller Général du Nord

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Commentaires

Je suis d'accord.

Il y a un risque dans cette mesure, celui de dégrader la prévention en matière de santé: en effet, si les 75 premiers euros (on évoque ce montant) ne vous sont pas remboursés, toute personne à revenu raisonnable pourrait finalement choisir, tout compte fait, de ne pas consulter pour des signes avant-coureurs souvent mineurs en apparence.

Et que coûtera votre cancer à la collectivité, lorsque son dépistage sera tardif?

L'économie nous apprend que "lorsque le prix est minimum, la demande est maximale": l'idée qui sous-tend ces mesures, c'est de nous inciter à la modération, car nous abuserions des largesses du système.

Je ne pense pas que l'accès à la médecine générale de façon régulière s'apparente à du luxe. Je préférerais que l'on développe les contrôles, et par exemple que la Sécu enquête lorsqu'elle rembourse de nombreuses consultations trop fréquentes pour un patient qui ne déclare aucune affection engageant le pronostic vital.

Puisque l'humanisme n'est plus à la mode, adressons-nous à l'égoïsme de nos dirigeants (retour à l'économie!), et rappelons-leur ceci: la sécurité sociale n'a pas d'abord été constituée pour plaire au peuple, mais parce que l'indigence trop avancée représentait une menace pour la compétitivité de la force de travail (cf. les rapports français et anglais des années 40/50, notamment Beveridge) et pour la défense militaire du pays.

Personne ne se souvient-il donc que la plus longue période de prospérité des pays développés résulte pour partie de l'Etat-Providence?

Ecrit par : Ricardo | 27.05.2007

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